Congrès de la FNAREN "Reliances rééducatives. Cheminement pour une école prévenante et bienveillante" 29 mars-1er avril, Hyères


XXXII ème congrès de la FNAREN

Reliances rééducatives.
Cheminement pour une école prévenante et bienveillante


du 29 mars au 1er avril 2017
à Hyères (Var)



« Notre civilisation sépare plus qu'elle ne relie.
Nous sommes en manque de reliance, et celle-ci est devenue besoin vital;
....elle est aussi la réponse aux inquiétudes,
incertitudes et angoisses de la vie individuelle... »

E. Morin


Dans notre société qui favorise l'individualisme et qui est actuellement si maltraitée dans ses valeurs, il est urgent de remettre du lien, de « s'appuyer sur », de « faire confiance ». Mais également d'oser aller vers le complexe... se saisir de la pensée pour dépasser la difficulté. Les acteurs de l'école d'aujourd'hui, s'ils sont largement sensibilisés à la bienveillance nécessaire pour accompagner les petits d'hommes sur le chemin de la connaissance, sont confrontés tous les jours à une réalité qu'ils se doivent d'aborder dans sa globalité. Car, en éludant la question de la complexité, en voulant construire les savoirs sur le principe de la séparation du corps et de l'esprit cher à Descartes, l'école a souvent tenu à distance les dimensions culturelle, sociale et psychologique au risque d'une perte de sens. Confrontant les enfants les plus fragiles au clivage entre leur personnalité propre et leur statut d'élève, générant des éléments de tension pouvant se traduire par de la violence ou du moins par des conflits, de l'agressivité, du mal être.


Utilisé pour la première fois en 1963, par le sociologue Roger Causse ce concept fut créé pour indiquer un besoin psycho social de lien par rapport à l'isolement. Etre relié comme le dit René BARBIER, c'est être unifié à soi-même, aux autres et au monde. « Avec la reliance, c'est l'acte de vivre qui devient solidaire. » Suite logique et nécessaire à la « déliance », tentative de retour vers une « liance » originelle, la reliance s'inscrit dans une vision systémique et complexe du monde, elle envisage les rapports entre les individus, leurs imaginaires, leurs expériences, leurs univers de croyance.

Ce sont les langages et les langues de tous horizons, de toutes cultures qui sont les moyens de cette reliance. Langages du corps, de l'image, des mots....
Pour le rééducateur ces mots se feront parole, une parole fondée par des valeurs, une éthique, une culture partagée. Une parole écoutée ou prononcée, qui éclaire sur la dimension corporelle de l'activité naturelle de l'enfant, une parole qui l'aide à construire une pensée autonome, une parole positive et valorisante qui renforce l'estime de soi, une parole trait d'union entre enseignants, famille, enfant, et partenaires extérieurs, une parole respectueuse de l'enfant-élève dans sa construction affective, cognitive, culturelle et sociale qui l'accompagne dans les diverses transitions de son parcours scolaire, une parole médiatrice pour transformer la violence en conflit d'idées. Une parole qui relie pour réduire les tensions, éviter l'exclusion.
Une parole symbolique pour mieux appréhender une réalité qui cherche parfois ses mots et contribue selon le poète Robert Antelme, à « ne retrancher personne de l'humanité ».

L'équipe organisatrice de ce XXXIIème  congrès de la FNAREN, en choisissant la  Reliance comme réponse possible  aux tensions qui traversent l'école d'aujourd'hui
espère apporter sa pierre au projet d'une école prévenante et bienveillante.