Transformer l'école pour la défendre...


Transformer l'école pour la défendre

Depuis plusieurs mois, le ministre de l'éducation nationale détricote un à un tous les dispositifs mis en place dans les cinq années passées, que ce soit la suppression du dispositif « Plus de maitres que de classes », le retour du redoublement ou la suppression de la semaine de quatre jours 1/2, en passant par les remaniements prévus des programmes. En ce début de mois de janvier 2018, la liste continue de s'égrener, tous les jours ou presque, une annonce dans la presse locale.

Dominique Bucheton, de l'AFEF (Association française des enseignants de français) s'attarde sur la création du conseil scientifique présidé par Stanislas Dehaene. Elle a publié une tribune dans Libération le 22 janvier dernier intitulée « Les neuro-sciences ne font pas une politique de l'école ». « L'enseignement n'est pas un simple modelage technique des cerveaux. Le nouveau Conseil scientifique de l'Education nationale ignore les sciences de l'éducation et les didacticiens. » Elle y fustige la référence constante du ministre de l'Education nationale aux neuro-sciences et elle critique la composition du conseil qui exclut, en particulier, tous les didacticiens. Lire le texte de Dominique Bucheton

Au GFEN, nous relevons l'annonce faite à Ouest-France de confier à Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, la mission d'organiser des assises sur l'école maternelle en mars prochain. Le ministre veut « repenser la maternelle de demain ». Pour aider celles et ceux qui accueillent les enfants au quotidien dans les écoles, dans les quartiers, les territoires ruraux et qui tentent de faire au mieux leur travail, dans des conditions difficiles, partout, tout le temps... Non, pour mettre en avant « les meilleures pratiques pédagogiques et éducatives, y compris au niveau international, associer les autres ministères concernés, les collectivités territoriales, dont les mairies, pour réfléchir ensemble et s'inspirer de ce qui se fait de mieux". Diffuser les « bonnes pratiques », utiliser le « bon manuel », décréter le changement n'ont jamais apporté aux enseignant.e.s du développement professionnel.
Au GFEN, nous convoquons l'analyse du travail, la didactique professionnelle, les didactiques des disciplines, la psychologie du développement, la psychologie du travail, la sociologie, l'anthropologie pour alimenter nos réflexions, croiser les regards, construire nos formations et proposer nos outils. Nous nous appuyons sur les sciences de l'éducation, entrées à l'université grâce à Gaston Mialaret en 1968, qui vont donc fêter leurs 50 ans cette année... Drôle d'anniversaire... pauvre Gaston Mialaret. Rappelons qu'à cette époque il était président du GFEN (de 1962 à 1969 à la suite d'Henri Wallon).
Nous n'oublions pas non plus que les acteurs de terrain possèdent aussi des savoirs et que les mouvements pédagogiques qui les représentent pourraient également faire partie de ce conseil scientifique.

Défendre l'école pour la transformer...

Au GFEN, dans nos formations, avec les enseignants, les formateurs, les pilotes, les chercheurs, les associations, nous nous mobilisons...
« Pour faire ensemble ce qu'on n'arrive pas encore à faire » (Yves Clot),
« Pour tenter de chercher les conditions d'une transformation efficace du travail en tenant compte du réel... » (Patrick Picard).

Isabelle Lardon
Le 25.01.2018

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