38ème congrès de la FNAREN, 25-28 juin, Malakoff Aider à l’école. Quelles postures professionnelles ? Une réflexion au coeur de l’aide relationnelle.Ce congrès a l’ambition de soutenir une réflexion qui se centre sur le thème des postures professionnelles. La spécificité de l’aide relationnelle à l’école nous rend sensible à cette question.Dans le contexte de l’école inclusive, la diversité et le nombre « des besoins éducatifs particuliers » augmentent. La tendance à proposer l’utilisation de protocoles aux enseignants, spécialisés ou de classe, se généralise. L’introduction de ces outils dans la pratique enseignante nous amène à interroger les postures professionnelles : écoute, accompagnement, accueil, attitude réflexive…Enseignantes et enseignants spécialisé.es en aide relationnelle, nous accomplissons nosmissions au sein d’une équipe de RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté)dans les écoles primaires, en concertation avec les équipes enseignantes.L’aide spécialisée relationnelle-rééducative est préconisée pour aider certains enfants n’ayant pas une attitude d’élève. Ils résistent aux actions éducatives, sont empêchés d’apprendre, débordés par eux-mêmes dans l’agitation ou l’inhibition. En risque de décrochage, ils sont parfois violents, se trouvant dans l’impossibilité de mettre leur pensée en mouvement. Ainsi, l’école peut être mise en difficulté dans l’exercice de ses missions.L’aide relationnelle-rééducative repose sur l’idée que ces conduites sont l’expression de réactions émotionnelles face aux situations d’apprentissage et de la vie en groupe.Pour les aider à sortir de cette impasse, les enseignant.es spécialisé.es interviennent en proposant un espace de médiations, telles que le jeu de fiction, les jeux de société ou le travail artistique, dans un cadre structuré à la fois souple et limitant. Par cette expérience de jeu et de création, l’enfant est amené à éprouver la nécessité de l’ouverture à l’altérité et du respect des règles, pour le bon déroulement de la séance et de la réalisation de ses inventions.Ainsi, des changements s’opèrent chez l’enfant dans son rapport au monde, à l’école et dans la classe. Soutenu par l’adulte, il prendra le risque de lâcher une posture dommageable pour adopter une attitude tout à la fois, constructive et gratifiante dans un projet de création partagé.Les capacités de réflexion et de représentation sont sollicitées et renforcées par les temps de verbalisation. L’expérience commune devient objet de réflexion, les émotions peuvent être parlées et mises à distance. Un espace de pensée peut s’ouvrir à l’enfant.Pour assurer au mieux l’efficience de ce dispositif, l’enseignant.e spécialisé.e, tout en s’ajustant à la singularité de l’enfant aidé, aura à adopter des postures référées au cadre scolaire. Le professionnel garantit la sécurité en posant les interdits tout en stimulant les capacités de création de l’enfant.Cette aide relationnelle-rééducative repose également sur les liens entre le travail de proximité avec l’enfant et le travail institutionnel entre adultes enseignants et partenaires extérieurs, ainsi qu’avec sa famille.La réflexion portant sur ce cadre de relations nous conduit à interroger le sens des places occupées et des postures adoptées par chacun dans un dispositif d’aide et donc, de notre propre posture professionnelle.Comment garder la bonne distance ? Comment éviter de réduire l’enfant aux difficultés qu’il manifeste ? Comment accueillir l’agressivité lorsqu’elle émerge, inciter à sa transformation, tout en maintenant un cadre et des interdits ? Comment solliciter l’invention et relancer la pensée ?Par ailleurs, comme l’indique son sens premier dans le langage du corps, la posture suppose un maintien. Il y aurait donc quelque chose à tenir tout en permettant le mouvement et la circulation. Les postures professionnelles seront à envisager dans leurs liens avec une certaine éthique, celle du respect de la personne, et celle du cadre des relations en jeu dans l’institution scolaire. Ces 3 piliers, posture, éthique, cadre, tiennent ensemble et constituent pour nous un socle de repères. Sans oublier que la souplesse et l’inventivité sont toutes deux requises pour répondre aux exigences des situations multiples et complexes des écoles aujourd’hui.Nous espérons que ce congrès fera avancer notre réflexion professionnelle et contribuera àla réalisation d’une école plus « incluante ». Tout savoir sur le Congrès 2 avril 2025 Valérie Pinton